... pour une belle rencontre jeudi dernier,

un seul regret qu'elle ait eu lieu après la dédicace,

nous n'avions qu'une envie en découvrant les 2 bandes dessinées, les avoir en mains avec un beau dessin original en première page ...

mais nous ne sommes pas repartis complètement bredouille, j'ai, une nouvelle fois, osé dire quelques mots en anglais et demander un croquis dans mon joli carnet.

le texte ci-dessous est écrit par mon grand ...

(je prenais les photos, il prenait des notes)

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    La rue grouille d'agitation, assez habituel pour le quartier Battant mais étonnant contraste avec le reste de la ville qui demeure calme et silencieux. Ce soir c'est Zone art, un drôle de collectif pour un drôle d'endroit, enchevetrement de pièces anarchiques qu'on dirait mises côtes à côtes sans la moindre intention d'ordre. On se croirait dans un autre monde, il fait tout de suite plus chaud en entrant dans le "hall" où sont exposées affiches ponctuées de phrases provocatrices et à méditer (pour n'en retenir qu'une : "la photo est la torsion fluide de l'instant présent").

    Mais ce n'est pas pour ça qu'on est là, on est ici pour Derf Backderf. En entrant dans la salle où il va effectuer sa présentation on le remarque du premier coup, grand, l'air avenant et gentil, toujours souriant. Auteur américain à succès de comics, il vient ce soir pour nous parler de ses deux oeuvres traduites en français : "Punk rock et mobil-homes" et "Mon ami Dahmer". Tout en anglais, il nous raconte son cheminement, son état d'esprit, ses galères pour parvenir à créer et trouver un éditeur pour ces deux bandes dessinées devenues cultes. La première est légère et trouve ses origines à Akron, "loosy town" mais berceau du mouvement musical punk-rock, et nous plonge dans l'ambiance des années 80, au moment où les entreprises et la ville sombraient, le punk rock grimpait, plus rayonnant que jamais incarné par The Bank, bar acceuillant les Black Keys, Devo et autres groupes punk du moment, connus et méconnus.

   La seconde oeuvre est beaucoup moins joyeuse et relate l'enfance de Jeff Dahmer. Ce nom ne dit pas grand chose en France mais aux Etats Unis, il appartient à un tueur en série, auteur de 17 meurtres atroces pendant la fin des années 80, et un des meilleurs amis de Derf pendant plus de 6 ans. C'est (heureusement) rare d'avoir cotoyé un tueur en série en puissance durant son enfance, et c'est encore plus rare de savoir en plus dessiner et raconter des histoires, ce qui rend "Mon ami Dahmer" assez unique. Interrogé sur le pourquoi de son histoire Derf y a répondu : "ce n'est pas pour moi ou pour les gens que j'ai fait ceci, pas plus que pour essayer de comprendre ses actes mais parce que je suis un conteur d'histoire et que cette histoire m'est tombée dessus. Je veux aussi montrer l'être humain qu'il était avant de se changer en monstre".

Condamné à 997 années de prison, Dahmer mourra deux ans après son arrestation en 1971 des mains d'un de ses codétenus. C'est à ce moment là que Derf commença un travail de longue haleine : 20 ans pendant lesquels il interroge tous ses anciens camarades et proches, il étudie aussi les archives du FBI, prend des photos de l'école et de sa maison qui lui serviront à appuyer et structurer ses souvenirs. Une fois sorti, le livre est aussitôt devenu un best-seller et Derf a enchainé les tournées jusqu'à ce petit coin de France où, sans prendre la grosse tête, il a accepté de partager un peu de sa vie et de ses souvenirs avec nous.

Merci.